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mardi 6 juin 2017

Imaginales 2017 : ... Des mondes post-apocalyptiques

Quand les auteurs bâtissent
des mondes post-apocalyptiques


Comme d'habitude, je mets les avertissements de rigueur : je retranscris ici les notes que j'ai prises pendant la conf ; il est donc tout à fait possible que j'aie fait des contresens et tout à fait certain qu'il manquera des bouts 😆 (sans parler du côté décousu et de ma difficulté à me relire 😣). Les éventuelles notes entre [ ] sont de moi, et les passages entre guillemets sont censés être des citations.

J'ai évidemment suivi cette conférence afin d'y trouver de l'inspiration pour le Journal d'Anya 😉


Intervenants : Christopher Priest (avec Lionel Davoust himself* comme traducteur, à sa droite), Charlotte Bousquet (Le dernier ours), Jean-Marc Ligny (Exodes, Aqua™), Pierre Bordage (Les derniers hommes).
Modérateur : Jean-François Thomas (au centre sur la photo)


Pourquoi écrivez-vous des romans post-apo ?

PB : C'est intéressant d'explorer la "fin des temps", de faire table rase du monde, pour voir si on repart bien ou si on refait les mêmes erreurs. Et pour lui, c'est ce dernier cas, c'est l'éternel humain.

JML : Il écrit beaucoup de post-apo. Dans Aqua™, il a poussé la logique jusqu'au bout et les conséquences dues aux changements climatiques - parce que les humains surexploitent la planète. Il a essayé de faire une apocalypse réaliste et s'est beaucoup documenté. Il pense que c'est ce vers quoi on se dirige - mais sans le souhaiter !

CP : Il y a une soixantaine d'années, beaucoup d'écrivains britanniques parlaient de la fin du monde, en faisant un parallèle avec la fin de l'Empire Britannique. Aujourd'hui il y a le Brexit, la Grande-Bretagne est devenue un endroit désagréable, raciste. Il a déménagé en Ecosse, où les gens sont plus sympas, moins racistes, plus ouverts sur les arts...
Il y a sinon la question des changements climatiques, la montée des eaux... le fait que les gens fuient des contrées inhospitalières est une apocalypse en soi. L'Europe étant climatiquement favorisée, elle va devoir faire face à des réfugiés climatiques. Le post-apo reflète l'inconscient collectif.

CB : Aujourd'hui, on est dans la sixième extinction des espèces, à cause de l'industrialisation humaine, avec la montée des eaux due au réchauffement climatique. Le dernier ours devait porter sur l'extinction des espèces mais parle aussi de la situation des Inuits (qui subissent un peu la même chose que les amérindiens face aux colons américains). Il y a le problème des politiciens qui ne voient qu'à court terme, de la montée du racisme, de la recherche du profit immédiat...

Quel est le rôle, la responsabilité de l'écrivain d'Imaginaire vis-à-vis de notre société ?

CP : Comme le disait Shelley, le rôle du poète est de dramatiser et de mettre en scène. De même, le rôle de l'écrivain est de mettre en scène ce qui se passe aujourd'hui. On essaie de présenter le futur, mais ce n'est que de l'imagination. Il donne l'exemple d'une vision de l'an 2000 imaginée en 1905, avec un chapeau qui salue automatiquement les dames : c'est inadapté à la réalité de l'an 2000. Notre prospective n'est qu'une métaphore fictive de l'époque dans laquelle on vit.

JML : Aucun auteur n'est un voyageur venu du futur. Pour lui, la SF est la littérature la plus aboutie pour aborder le futur. Le propre de l'histoire de SF est d'imaginer comment un autre monde peut fonctionner (dans le futur, chez les aliens...) et ça implique de comprendre comment notre société fonctionne. La SF permet de décoder notre société, de pousser plus loin les réflexions, même si on ne fait qu'imaginer.
Au XXIe siècle, on se retrouve confrontés, pour la première fois, à un futur inévitable - ce qui n'était pas le cas avant. Depuis la fin du XXe siècle, la transformation inévitable de la planète nous attend, à cause du réchauffement climatique. Pour lui, c'est un devoir de comprendre comment on en est arrivés là, et d'en parler.

PB : Les voies anciennes conduisent aux mêmes résultats (guerres...). Ces mécanismes reproduisent les mêmes conséquences. Il se doit donc d'explorer (par la SF) les alternatives, les nouvelles voies, un autre rapport à l'univers, pour se libérer de ces mécanismes.

Du coup, les auteurs de SF-Post-apo sont des lanceurs d'alertes ?

CB : Oui, mais aussi des porteurs d'espoir, qui font réfléchir les gens et proposent des solutions différentes.

JML : On ne se contente pas de dresser un constat, on essaie de montrer que des solutions sont possibles. Il a fait "une espèce de suite" à Exodes, pour montrer comment l'humanité s'adapte à sa nouvelle Terre et se rend compte qu'elle n'est plus l'espèce dominante. Il rejoint l'opinion de CB.

CP : Les écrivains de SF devraient être des prophètes (au sens de "professeur" [selon la racine latine du terme], et non de prédicateur ou prospectivistes). Beaucoup de ces auteurs étaient aussi des satiristes. En poussant la prospective et l'extrapolation, on peut atteindre la satire, qui est un outil en soi.

CB : Elle soulève des questions mais ne propose pas forcément de solution. Les personnages ont une prise de conscience et évoluent, mais elle pense qu'elle n'est pas là pour proposer des solutions.

PB : Il ne donne pas non plus de solutions, il essaie juste de décaler le point de vue du lecteur dans la bonne direction, et lui laisser de l'espoir. Le but d'un héros est de proposer une ré-harmonisation du monde, mais le prêt-à-penser est confortable.




* : dit "le couteau suisse du festival" - je ne me rappelle plus par qui.

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