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mercredi 27 juillet 2016

Magna Carta

Une collègue Grenouille (LaCath, pour ne pas la nommer) a évoqué sur Cocyclics, il y a une quinzaine, le concept de "Magna Carta". Il paraît que l'idée (sous cette forme), vient de Chris Baty*, le fondateur du NaNoWriMo. Le principe est simple : faire la liste de tout ce qui nous plaît (en termes de tropes**, on va dire) dans nos lectures, dans le but de "faire pareil" dans nos écrits. Et de même, faire une "Evil Magna Carta" avec les trucs qui nous répugnent.

Perso, j'ai l'impression que la "Evil MG" est plus facile a créer, dans la mesure où je (on ?) remarque plus facilement ce qui coince que ce qui plaît à la lecture.

Enfin bref, je vais tâcher de me prêter à l'exercice (pour info, j'ai noté les idées comme elles arrivaient, sans ordre de préférence).

Source : Wikipédia

Magna Carta


  • Une belle maîtrise de la langue (Jaworski me vient spontanément à l'esprit, mais ce n'est pas le seul). Corollaire : une traduction bien maîtrisée (ex : Couton pour Terry Pratchett, Mousnier-Longpré pour Robin Hobb, Mélanie Fazi en général...).
  • De l'humour. Pas forcément au degré du Disque-Monde, et surtout pas au point que ça en devienne parodique (j'ai vraiment pas aimé "Lord of the Ringards", par exemple), mais j'apprécie les personnages qui ne se prennent pas trop au sérieux, un peu comme ceux de Loïs McMaster Bujold.
  • Des personnages secondaires qui ont une épaisseur proportionnelle à leur présence dans l'histoire (ça ne me dérange pas que untel soit à peine décrit si on ne le croise que deux fois dans un texte de 400 pages, mais ça me gêne si c'est un personnage récurrent).
  • Un univers logique et bien conçu (voir le point "réalisme" plus bas).


Evil Magna Carta


  • Les personnages (masculins, en général) qui sont présentés dès la première ligne comme des beaux gosses absolus, histoire qu'on voie bien, avec (virtuellement) de grosses flèches au néon, que ledit perso est l'intérêt amoureux du personnage principal. Points bonus (enfin, malus, ici), si c'est présenté sous la forme "je le déteste parce que c'est un sale con, mais rholàlà qu'est-ce qu'il est canon".
  • Les romances qui semblent plus arriver parce que l'auteur l'a voulu que parce que les personnages étaient motivés en ce sens.
  • Le sexisme, quand il est présent chez l'auteur plutôt que chez les personnages (du genre : peu de personnages féminins, et réduits à des rôles de figuration, par exemple). Valable aussi pour d'autres -ismes, bien sûr.
  •  Un possible corollaire du précédent : l'auteur qui matraque le lecteur avec sa morale/ses idées politiques/etc. Ce n'est pas toujours supportable même quand on les partage, alors quand on ne les partage pas...
  • Le manque de "réalisme". Je mets des guillemets parce que le terme surprend toujours quand on parle de littératures de l'Imaginaire, mais c'est bien de ça qu'il s'agit. Même dans un monde avec de la magie et des dragons, se prendre une enclume sur le pied, ça fait mal (et ça cause des fractures, voire pire). Si le héros s'en sort avec un bleu, y'a un problème (ou alors l'auteur a oublié de préciser que c'était un golem, ce qui est un défaut en soi***). Corollaire : les dystopies mal ficelées.
  • Les "portes laissées ouvertes". Autant je n'ai rien contre une bonne fin qui laisse la conclusion à l'appréciation du lecteur, autant je n'aime pas quand un point (secondaire, en général, mais quand même) de l'histoire n'a pas eu de réponse satisfaisante. Je mets aussi dans cette catégorie les infos non-dites par l'auteur parce qu'il présuppose que le lecteur les connaît (ex : SF hard-science qui met la barre trop haut, ou spin-off d'une série où on ne comprend pas une partie du contexte parce qu'on n'a pas lu la série d'origine).
  • Les deus ex machina, et autres coïncidences positives un peu grosses. Je peux supporter s'il y a d'autres bons éléments à côté, mais ça me fait grincer des dents.
  • Les personnages stupides/qui portent des oeillères. Ce n'est pas parce que c'est justifié par le caractère dudit personnage que c'est agréable pour le lecteur quand le premier ne voit pas ce qui est évident pour le second. Certains auteurs talentueux savent jouer avec cette "absence de recul", mais ce n'est pas courant. Et c'est pire quand c'est le narrateur qui a ce problème.
  • Les ados (voire les enfants) qui savent tout mieux que les adultes. Corollaire : les univers où 90% des adultes jouent des rôles insignifiants, à moins qu'ils ne soient l'Ennemi. Un des gros défaut de la littérature Young Adult en général, surtout quand il s'agit de dystopies.
  • Les scènes de Q injustifiées et/ou trop décrites. Même quand c'est "bien fait" (ce qui n'est pas toujours le cas), ça me donne l'impression que ce n'est là que pour faire vendre.



A part ça, cette dernière semaine de NaNo se passe bien et j'espère atteindre les 10k mots à la fin du mois (même si mon objectif affiché était le double****). Bilan la semaine prochaine, sans doute***** :)




* : aucun rapport avec Roy, je le crains :( 

** : anglophile que je suis, je préfère utiliser ce terme, plus neutre que "cliché", qui a un sens négatif. Pour les anglophones, je propose d'aller faire un tour sur tvtropes, mais je vous préviens, c'est très addictif !

*** : d'oublier, pas d'être un golem :p

**** : mais osef, j'avais dit depuis le début que j'y allais "en touriste".

***** : je serai en vacances, donc la périodicité du blog risque de s'en ressentir (au moins jusqu'à la rentrée).

vendredi 22 juillet 2016

Darkside : Le Journal d'Anya : Avancement (18)

Les vacances approchent et j'ai du mal à faire mes articles. Pas parce que j'aurais envie d'arrêter de blogger, mais parce que, ben... c'est bientôt les vacances, quoi. Et vacances égale pas de contraintes ^^ En sus, puisque j'avance lentement* ben j'ai pas grand-chose à dire depuis la dernière fois (et la flemme de faire un article à thème, comme ça m'arrive de temps en temps).

Enfin bref. J'en suis à un peu plus de 6000 mots pour mon NaNo, ce qui n'est pas énorme. Ca ne m’empêche pas de continuer. D'ailleurs, un extrait pour la route, avec de gros morceaux de cabotinage dedans : 
[Dialogue entre Anya et le Tyran ; le Doigt est un pic rocheux dans lequel vivent les Servants de la Déesse, à Graceland]


— Petit m’a raconté comment vous êtes montée, seule, à l’assaut du Doigt. Je me demande ce qui vous a motivée à vous lancer dans une telle entreprise.
Cette fois, c’est moi qui l’ai dévisagé. Où voulait-il en venir ? J’ai haussé les épaules, tâchant de masquer ma nervosité grandissante.
— Je voulais des réponses, on m’a dit que Soleil pourrait les avoir et qu’il se déplaçait peu.
— Mais encore ?
J’ai hésité. Fallait-il prendre le risque de montrer mon incompréhension en répondant à côté, ou valait-il mieux jouer la franchise et lui demander des éclaircissements ? Le « ne vous montrez pas stupide » d’Alex, lors de notre premier rendez-vous, résonnait désagréablement dans mon esprit.
— Pardonnez-moi, mais je ne comprends pas votre question, ai-je avoué à contrecœur. Parlez-vous de mes recherches au sujet de Brute, du détail de mon ascension, ou d’autre chose ?
Je n’ai pas réussi à déchiffrer son expression, cette fois, quoique je n’y aie pas vu de déception.
— Vous venez de loin – au-delà d’Oklahoma City, à ce que j’ai compris. Partout dans le monde, à part à Graceland et ici, on craint les zombies comme la calamité qu’ils sont. Mais vous, vous n’avez pas hésité à vous jeter dans la gueule du loup. Je me demandais ce qui vous avait conduit à cette décision. Et sinon, j’aimerais bien savoir comment votre quête de Brute vous a menée de chez vous à Graceland.
Cette explication m’a un peu rassurée et j’ai pu retrouver une voix plus ferme :
— J’ai combattu des zombies sauvages à plusieurs reprises. Y compris pendant mon voyage jusqu’ici, hélas. Mais ma mère m’a toujours raconté à quel point Brute était spécial. Différent. Quand je suis arrivée à Graceland, les habitants m’ont convaincue que les Servants étaient… n’étaient pas dangereux. J’ai quand même attendu que la plupart parte à la chasse pour leur rendre visite. Et oui, je n’étais pas rassurée quand j’ai commencé à grimper.
Nos pas nous avaient menés dans une salle plus petite que les précédentes – quoiqu’aussi haute de plafond – et apparemment vide. Darkside s’est de nouveau assis sur un coin de table – le bois a grincé sous son poids – et a paru attendre que j’en dise davantage. Ce n’est qu’en entendant la réverbération de ma voix que j’ai réalisé que j’avais haussé le ton. Continuant sur ma lancée, je lui ai résumé mon périple en quelques phrases assez sèches, sans m’étendre sur mes motivations.
— Il vous faut autre chose ? ai-je conclu, d’un ton plus agressif que je ne l’aurais voulu.
Pour tout dire, je le trouvais un peu trop curieux. En quoi tout ceci le concernait-il ? Je me rappelais des conseils d’Alex, comme quoi ma fréquentation était bonne pour lui, sauf qu’en ce moment, je ne la trouvais pas très agréable pour moi.
J’ai levé les yeux vers lui – dans sa position, au moins, je n’avais pas à me tordre le cou – et j’ai attendu sa réaction, plutôt mal à l’aise.
— Quand vous avez peur, vous vous mettez en colère, a-t-il commenté d’un ton neutre que démentait l’éclat amusé de son regard. C’est un bon mécanisme de défense. Rares ici sont les gens qui l’emploient face à moi : je les terrifie, ils ont la hantise de se retrouver sur ma liste noire.
— Sans doute n’ai-je pas conscience du danger, me suis-je enhardie à rétorquer.
— C’est probable. Sans vouloir vous insulter, c’est distrayant.
J’ai soupiré, abandonnant au passage une partie de mon agacement :
— Vous l’avez fait exprès ?
— De vous énerver ? Non, c’est un don naturel. De faire peur aussi, remarquez. Comme vous l’avez souligné, vous n’avez pas conscience du danger. Je vais faire mon possible pour prolonger cet état de fait, j’aimerais en profiter encore un peu.


A part ça, ma nouvelle-en-attente-de-publication devrait paraître en septembre, finalement. Rien de grave sur ce retard, si ce n'est que c'est un retard ^^ Plus de nouvelles (!) à la rentrée, donc :)




* : mais j'avance, et c'est déjà bien !

vendredi 15 juillet 2016

Darkside : Le Journal d'Anya : Avancement (17)

Ca faisait un moment ^^

Bon, les vacances commencent à se faire sentir (plus qu'une quinzaine !) et comme j'ai toujours du mal à écrire pendant les vacances...

Cf ce que je disais y'a deux semaines, je me suis inscrite "en touriste" au NaNo de juillet. Ca n'avance pas super-super bien de mon côté (seulement 3300 mots à ce jour), mais au moins, j'ai de l'animation dans ma cabine et ça, c'est sympa :)

A la rentrée (voire avant, on sait jamais), je vais essayer de me fixer des plages horaires d'écriture... et de m'y tenir. C'est une méthode que beaucoup d'écrivains confirmés recommandent, je suppose donc qu'elle doit valoir quelque chose ^^ Par contre, j'aime pas les contraintes, donc ça risque d'être un peu difficile pour moi. Mais bon, faut au moins que j'essaie...

Depuis la dernière fois, Anya a survécu à un déjeuner de nouvel an huppé, décidé qu'elle allait suivre des études à New-York et vient de survivre à son premier cours de secourisme. Maintenant, il est temps que je commence à introduire mon plan machiavélique ^^

Par contre, je me rends compte qu'elle n'a pas vraiment de défauts. Sans doute parce que sa nature de dryade renforce son côté altruiste - et parce qu'en narration à la première personne, c'est pas le plus évident à mettre en scène. Mes bêta-lecteurs me disent que ce n'est pas un problème, mais dans l'absolu, ça me gêne. Enfin, j'imagine que je me rattrape avec Joshua... ^^

mercredi 6 juillet 2016

Cocyclics : Dix ans déjà !

Je traînais un peu les pieds pour faire mon article hebdomadaire, vu que j'ai à peine repris le Journal d'Anya, cette semaine, donc j'ai assez peu de choses à raconter dessus. 

En revanche, Cocyclics vient de fêter ses dix ans ce week-end et je pense que ça mérite un article. 

La communauté a donc été fondée début juillet 2006 par un collectif d'auteurs menés par Lise Syven. Leur but ? La domination du monde la création d'un espace virtuel (un forum, en l'occurrence) où les auteurs de SFFF débutants pourraient échanger au sujet de leurs écrits, dans une ambiance bienveillante. 
Parce qu'un tel "endroit" n'existait pas encore, et ça manquait.

Et dix ans plus tard, ils sont toujours là. Les équipes ont évolué, les "missions" aussi, mais les Grenouilles restent fidèles au poste.

Et en pratique, c'est quoi ?


Un espace de discussion. Une bonne partie des sections sont dédiées à ça, aussi bien pour causer des bouquins qu'on a lus que pour poser des questions sur tel ou tel sujet en rapport avec nos textes en cours. Les thèmes abordés peuvent aller de "comment rédiger la lettre d'accompagnement d'un manuscrit ?" à "quelle force faut-il pour démembre un corps à main nue ?", en passant par "la romance est-elle importante dans vos histoires ?" ou "faut-il ou non mettre des accents aux majuscules ?". Bref, toutes les questions qu'on ne peut pas forcément poser dans notre entourage ^^

Un espace de travail. Les règles du forum permettent aux auteurs membres de poster des textes (nouvelles entières, extraits de romans, pitchs et synopsis) afin que d'autres membres les "bêta-lisent"* et donnent un avis détaillé sur ce qu'ils ont aimé et ce qu'ils suggèrent de corriger. La seul contrainte : pour un texte/une version de texte postée, l'auteur doit "rendre" une bêta-lecture à un autre membre.**
Un membre qui accumule assez d'expérience sur le forum peut demander à devenir bêta-lecteur "officiel" et si sa demande est acceptée, il pourra alors proposer à ses collègues des manuscrits entiers - et bêta-lire les leurs.

Un espace de soutien. La section des Challenges permet aux membres de présenter leur projet de roman en cours et d'en poster de courts extraits... ainsi que leurs doutes, questions, état d'avancement... Le but ici étant d'encourager les Challengers à terminer leur projet, si possible avant la fin de l'année (et sinon, bah on poursuit l'année d'après ;)).

Des outils pour l'écrivain. L'association édite le Grimoire Galactique des Grenouilles, une sorte d'annuaire des maisons d'édition qui publient des textes relevant des littératures de l'Imaginaire. Très utile pour savoir quoi envoyer à qui... et éviter de se faire avoir par des éditeurs à compte d'auteur ! En-dehors de ça, des rencontres avec des écrivains et/ou des acteurs du monde de l'édition sont organisées une ou deux fois par an, et son compte G+*** diffuse tous les jours des liens vers des articles intéressants et utiles aux auteurs.




Cocy et moi, ça a commencé il y a un peu plus de trois ans, quand j'en étais à un quart de CQVDSV et que je cherchais désespérément des infos sur les blessures abdominales ^^ Quand j'ai posté mes premiers extraits, un peu plus tard, je me suis mangé une grosse claque, mais ça m'a permis de prendre conscience de mes défauts de style et de bien progresser dans mon écriture.

Grâce aux Grenouilles, j'ai pu écrire plusieurs nouvelles (même si je n'en ai pas publié beaucoup :( ) et surtout mettre un point final à un roman, puis le corriger et le soumettre à des éditeurs (j'attends encore des réponses ;)). Et aussi (je devrais peut-être dire "surtout" ;)), j'ai rencontré des personnes formidables (qui se reconnaîtront, parce que j'ai la hantise d'en oublier si jamais je tentais de faire une liste).

En conclusion, si vous écrivez de la SFFF****, je vous conseille vivement de venir y faire un tour. Pour ma part, mon plus gros regret en ce qui les concerne, c'est de ne pas m'y être inscrite plus tôt !




 * : on peut rapprocher le terme de "bêta-tester" ;)

** : il y a quelques autres subtilités, mais les détails précis sont explicités sur le forum.

*** : la même chose est sans doute faite aussi sur fesse-bouc, mais je ne suis pas allée vérifier.

**** : si vous n'en écrivez pas, vous ne pourrez pas y travailler vos textes, mais je pense qu'en tant que ressource, ça peut être utile tout de même.